Quelle apiculture en France en 2016 ?

Après avoir connu en 2014 l’année la plus mauvaise de ces dernières décennies, l’apiculture française retrouve le sourire. 2015 a été la meilleure récolte depuis 20 ans. Si la météo est favorable, les perspectives pour 2016 devraient également être bonnes moyennant certains efforts.

Une production honorable en 2015

Les apiculteurs dans leur ensemble ont poussé un grand ouf de soulagement en constatant les chiffres publiés pour la récolte de l’année 2015. En effet, cette dernière s’est élevée à quelque 16.000 tonnes, du jamais vu depuis quelques décennies. Si honorable qu’elle soit, cette performance est cependant à relativiser, car la météo a été particulièrement favorable en 2015 et certaines régions ont pu bénéficier de l’apport des moucherons qui ont favorisé une abondance de miellat sur les végétaux.

Par ailleurs, la demande en miel en hausse constante de la population française a avoisiné les 40.000 tonnes, et a nécessité des importations massives de miel en provenance d’Asie et d’Europe. Il est donc impératif de produire certains efforts comme :

Changer les habitudes

Les chiffres de 2015 sont réconfortants, mais les apiculteurs français, à l’exemple de ceux de la Bretagne ont constaté que les colonies sont de plus en plus fragiles. Si autrefois, ils pouvaient compter sur des reines productrices sur une période de 5 ans, à l’heure actuelle, ils considèrent qu’ils prennent des risques s’ils les maintiennent en activité au-delà de deux saisons. Il faut donc changer les habitudes et en adopter d’autres pour pouvoir maintenir la perte d’abeilles à un taux de 1 à 3%.

Affiner les stratégies contre les prédateurs

Les prédateurs des abeilles sont maintenant bien identifiés en France. Au premier rang de ceux-ci figure toujours le tristement célèbre varroa. Pour le moment, il ne s’agit pas encore de l’éradiquer, mais de lutter contre lui avec des procédés moins chimiques afin de ne pas tomber dans le piège du phénomène de résistance. A cet effet, l’on projette en 2016 la mise en place d’un réseau de surveillance de l’acarien.

Quant au frelon asiatique, la lutte consiste à intensifier les efforts pour piéger les reines afin que le frelon asiatique ne stresse plus les ruches de France. Un autre coléoptère prédateur a également été identifié en Calabre, et diverses actions sont en cours pour limiter les mouvements de cheptel.

Dialoguer avec les agriculteurs

Les pesticides utilisés par les agriculteurs pour le blé et l’orge sont pointés du doigt par les apiculteurs pour être l’une des raisons de la surmortalité des abeilles. Il faut donc arriver à établir un dialogue avec les agriculteurs précisent les spécialistes d’Apiculture.net pour que ces derniers acceptent l’idée que les abeilles peuvent leur apporter un grand plus grâce à leur pollinisation.

blé

Conclusion :

Tous les espoirs sont permis pour l’apiculture française, si chacun y mettait du sien pour entreprendre ces efforts.